mandat

    Magazine d’art et de littérature, Code-barres propose à travers ses pages un lieu où textes de fiction, réflexions critiques, entrevues, photographies, illustrations ou encore bandes dessinées évoluent côte à côte et questionnent notre paysage social, espace urbain ou espace rural.

    Code-barres se veut un lieu ouvert à la recherche de nouvelles formes d’expression et de représentation qui se démarquent par leur originalité et leur audace, toujours en porte-à-faux des idées préconçues.

    Publiant deux fois l’an, Code-barres est avant tout un magazine culturel qui interroge, remet en cause et confronte. Code-barres cherche ainsi à établir des parallèles, à proposer des pistes de réflexion en misant sur la brièveté des textes et des chroniques qui lui sont proposés.

    Articulé autour d’un thème rassembleur, Code-barres apparaît comme un atelier, pour ne pas dire un champ d’investigation, à la fois sérieux et ludique, émouvant et cinglant, en un mot : authentique.

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Éditorial – L’indécence

En cette époque de cynisme généralisé, presque tout semble indécent – le politique, le social, le médiatique, l’affectif. Chacun de nos collaborateurs, à défaut de définir l’indécence, l’a illustrée à sa manière, et si la mosaïque est vaste et incomplète on peut quand même se demander : faut-il s’inquiéter que nous viennent à l’esprit si facilement les traits et les manifestations de l’indécence ? Peut-on se mettre à l’abri quand elle est polymorphe et omniprésente ? Nage-t-on dans une boue d’indécence si dense qu’on oublie de s’en indigner, de s’en offusquer, de se battre pour ramener les choses à l’ordre ? Ne sommes-nous pas, alors, indécents nous aussi, quand nous nous détachons du monde, dans la distraction ou l’aveuglement, dans l’apolitique ou l’indifférence ? Allez, chers lecteurs, pistez l’indécence, dépoussiérez votre existence, traquez-la jusque dans ses plus secrets retranchements… Oh, quoi ? Elle est le moteur de votre création ? Elle est la justification de toutes vos actions ? Ah bon ? Alors c’est vrai peut-être… peut-être gagne-t-on à être indécent autrement ?

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Deuxième épisode – Pis là… La disparition

À mille lieux de là, dans son royaume où s’asséchaient les rivières de miel, les ruisseaux de lait et les rues de sirop, le Shah d’Iran – ou plutôt le Régent des paysans, comme il souhaitait lui-même se faire appeler – tentait d’oublier la gravité de la situation, plongé dans la drogue. Assis sur un pouf immense et très inconfortable car incrusté de mille pierreries, envoûté par l’opium, le Régent fit un rêve de jour qui se mit à l’obséder, tellement qu’il lui attribua une valeur prémonitoire. Il vit dans un nuage de brume opaque et iridescent un castor et une pucelle, ainsi qu’un panneau de signalisation routière indiquant : Québec, 9202 km. Troublé, il envoya chercher son grand vizir qui débarqua sur un tapis volant dans la salle du trône. Homme de science et de sagesse, la grand vizir n’hésita pas une seconde : « Le présage est clair, Régent : c’est un appel, c’est une lettre, c’est un SOS : la femme que vous voyez dans ce songe est la seule qui peut ramener la pluie dans nos cieux. Envoyez quérir cette pucelle. Elle se trouve clairement en terres des Canadas, cette contrée de frimas et de sloche dont on ne revient que gelé. Elle est Angélique, la femme qui mouille, elle est celle qu’il nous faut ».

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Premier épisode – Pis là… La conquête

Au milieu des flammes courait Angélique, les yeux rougis, la robe souillée de cendre, fuyant le conquérant Anglais, respirant à peine. Les images des corps de ses parents, déchirés par le sabre, morcelés par la baïonnette, déflagrés par le mousquet et piqués par le moustique, la hantaient. Elle courait néanmoins à en perdre l’haleine, ayant réussi en se cachant dans le tas de fumier derrière la maison à tromper tout l’après-midi la vigilance de l’agressif conquérant, alors que tous ses proches tombaient sous les coups, ou se tortillaient sous le viol, en hurlant. Elle se sentait littéralement dans la merde, et se demandait comment s’en sortir. Elle s’était échappée finalement à la tombée du jour, avait longé la métairie ardente, dépassé les dépendances calcinées, franchi la ligne du moulin, rejoint le cours d’eau, perdant au fil des ronces des lambeaux de mousseline, des pans entiers de strass, des rubans de taffetas. Ses boucles étaient dénouées, emmêlées, sales : son enfance était pour toujours derrière elle.

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Appel de textes… un appel à la fraude

Code-barres, magazine de création littéraire, d’art et de critique, lance un appel à tous pour son prochain numéro articulé autour du thème de la fraude. Toutes les idées artistiques imprimables seront considérées par le comité de rédaction : nouvelles brèves (1500 mots maximum), suites poétiques et photographiques, chroniques urbaines, réflexions critiques, illustrations, bandes dessinées, etc. Merci de vous manifester d’ici le 22 juin 2012. Envoyer à soumissions@codebarresmagazine.com.

Sortie en kiosque mars 2012

Le prochain numéro de Code-barres magazine sera en kiosque le 9 mars 2012. Pour connaître les points de vente, cliquez ici.

#1 23 heures [Alexandre Faustino]

23 heures
la nuit m’inonde du hurlement solitaire de la ville
sa bouche achalant mes chairs
le passage de pas affolés
sur d’étranges courants
je caresse le rivage
de drogues ferrovipathes Détails »

#1 Le masque de papier [Pauline Michel]

C’est un mauvais sujet qui est toujours en quête d’objets de jouissance et de pouvoir. Son passé est mal défini. Il drague les mots pour droguer l’imagination.

Enfant, il balbutiait maladroitement des sons insignifiants, des bbbb bébêtes, des menoum-menoum de satisfaction, des clapclapclap d’ingurgitation du lait de sa mère. Il a tout oublié de cela, sauf les seins nourriciers et le bien-être de son corps rassasié. Détails »

#1 Silence love [Martine Delvaux]

Ce jeune homme m’était étranger. Je l’avais vu de loin, près du secrétariat. Puis, un jour, je l’ai vu de près, et je me suis mise à l’imaginer. Je le croisais tous les matins. Il travaillait à l’école de mon fils. Il était sourd. Il était interprète en langage des signes.

Pendant des mois, j’ai filé cette histoire. J’oubliais le glauque des jours qui tournent. L’anesthésie se dissipait. Je ne m’ennuyais plus. Je l’avais vu, lui, rien de plus, et la banalité de cette rencontre m’avait donné envie de voir autre chose. J’ai tenu le carnet de ce faux amour, et tout au long j’ai rêvé de donner au jeune homme sourd ces mots à lire, pour voir si quelque chose pouvait en naître, ou en mourir… Détails »

où acheter Code-barres?

La liste des points de distribution est disponible ici : vous nous trouverez sûrement près de chez vous!

#2 DISPARITION – édito

Ouf, nous ne sommes pas disparus. Après avoir publié un numéro pilote au printemps dernier, nous avons réussi à concocter ce premier numéro de Code-barres magazine sous le thème de la disparition. Quelques mois se sont écoulés entre les deux parutions. Des mois qui nous aurons permis de consolider ce magazine et de recruter de nouveaux collaborateurs. Détails »